Pourquoi j’ai adoré “Adoration” d’Atom Egoyan

C’est un concentré de style-Egoyan, avec tous ses thèmes, ses fétiches, ses obsessions, par example l’élaboration du deuil (Speaking parts, 1989, Exotica, 1994, The Sweet Hereafter, 1997), la médiatisation des sentiments (avec des technolgies qui envahissent le quotidien, comme le téléphone portable et internet dans Adoration, le magnetoscope VHS dans Speaking Parts). La musique de Michael Danna, le compositeur abituel d’Egoyan, contribue à nous plonger dans cet univers très egoyanesque.

Adoration de Atom Egoyan

"Adoration" de Atom Egoyan

Les histoires croisées des personnages ne sont que les morceaux d’un puzzle (et non pas d’un fresque), des énigmes qui ne trouvent solution qu’avec un regard globale, divine. Comme d’habitude dans les film d’Egoyan le montage soutien l’énigme, l’encourage, plutôt que raconter l’histoire de la façon plus simple et transparente typique du cinéma hollywoodien. Le regard du réalisateur crée la suspense, les coups de théâtre. Il faut pas chercher du réalisme dans ce jeux de puzzle : les histoires se croisent pour réfléchir une certaine façon de concevoir le destin, sans aucune prétention de réalisme. Par contre le réalisme on le retrouve en force dans la psychologie des personnages.

Ce que j’aime dans les films d’Egoyan est qu’ils ont un vrai gout, un gout spécial, et quand on aime ce gout et on le retrouve dans son nouveau film, on ne peut qu’adorer.

Une filmographie essentielle d’Atom Egoyan:

Speaking Parts
C’est le 8 1/2 de Egoyan, sa Nuit américaine, son film sur le cinéma, la mise en scène, la télévision. A savoir, Egoyan a beaucoup travaillé pour la télé avant de se dédier full-time au cinéma d’auteur, il a même réalisé des épisodes pour The Twilight Zone (saison des annés 80) et pour la série télé Friday the 13th.

Exotica
Avec une bande son très très attirante, grace aux morceaux de Michael Dunna et “Everybody knows” de Léonard Cohen, l’ambientation un peu titillante d’une boite de strip-tease, et sa maitrise de la réalisation, Exotica represente le succes commercial qui lui a ouvert les portes du cinéma mainstream et l’emmene à réaliser son film le plus connu, 2 fois nommé aux Oscars: The Sweet Hereafter.

The Sweet Hereafter
Même si le scénario est tiré d’un roman, on y rétrouve toutes les obsessions du réalisateur. On oubli difficilment l’histoire de ce petit avocat qui gère la cause d’un petit village, dans un paysage de neige, qui a perdu tous ses enfants dans un accident de bus scolaire. Pour ce grand récit dramatique Egoyan ne renonce pas à son montage typique qui mélange présent et passé comme dans un jeu de puzzle.

Atom Egoyan et Arsinée Khanjian, son actrice fétiche et sa femme

Atom Egoyan et Arsinée Khanjian, son actrice fétiche et sa femme

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