Très applaudi, Mother raconte l’histoire d’une mère et de son fils adolescent, qui est un peu lent, attardé (mais n’osez pas l’appeler « idiot » !), et qui d’un coup se trouve accusé d’un meurtre dans une petite ville où ça faisait un bail qu’on n’avait pas d’homicides.
Sur une situation familiale compliquée s’installe donc un scénario de polar, avec la mère qui mène une contre enquête pour sortir le fils adoré de la prison.
Au drame et au polar s’ajoute une teinte d’humour, comme dans la scène où un avocat très occupé cours autour d’un buffet pour gagner du temps tout en profitant au maximum de la nourriture… le seul moment où on le retrouve assis c’est quand il convoque la mère de l’accusé dans une salle de karaoké, entouré de filles ambigües et de vieux copains bourrés.
Le mélange entre polar, drame familiale et humour est très réussi : dans une des scènes parmi les plus intéressantes nous voyons bien le constant passage entre les registres : nous suivons la mère dans sa contre enquête… cherchant des épreuves dans une cabane elle est obligé à se cacher dans un placard… ne sortant que quand son suspect est endormi elle fait gaffe à ne pas faire des bruits. La tension à la Hitchcock se fait insupportable quand elle renverse une bouteille d’eau, et ensuite l’eau filmé à la macro, très lentement, va bientôt toucher le doit de l’homme endormi… je ne vous dit pas plus, sauf que la tache de sang sur l‘arme du délit qu’elle arrive à sortir de cette aventure, en protégeant l’objet contre une pluie incessante, se révèle une tache de rouge à lèvre. Plein de vrais coups de théâtre, le puzzle se recompose au feur et à mesure jusqu’à dessiner une recomposition de la réalité tout à fait à la Pirandello, comme vérité et mensonge, espoir et illusion , déception et triomphe, innocence et culpabilité perdent de sens.
Une confirmation de plus de la qualité du cinéma coréen, où tous les aspects du film sont au top (image, son, réalisation, narration, jeu d’acteur – la mère de ce film est exceptionnelle) et où le spectateur arrive à s’émouvoir, à rire, à souffrir pou la tension.
