Châtiment plus châtiment à la court du terrible Tzar (Tzar, de Pavel Lounguine)

Tzar, de Pavel Lounguine

Tzar, de Pavel Langouine

Cette pellicule russe est une longue et argumentée réfection autour du principe que « tout pouvoir vient de Dieu ». Par conséquence le Tzar Ivan IV Vassiliévitch (mieux connu comme « le terrible »), représentant suprême du pouvoir, est bien convaincu que tous ses actes sont justifié par Dieu et qu’il n’y a aucun péché plus grand que les attentats à son pouvoir, puisque il vient de Dieu.

Le contraste entre le Tzar et l’archevêque Philippe, représentant le pouvoir religieux et une foi authentique, tandis que le Tzar semble toujours en mauvaise fois ou animé d’une foi pervertie par le principe dont j’ai parlé, évolue en suivant un crescendo de folie, qui nous offre quelque bonne scène sanglante, comme le combat entre un ours et un traitre présumé.

Des décors et des costumes extraordinaires (la scène de l’habillage du Tzar, qui nous montre la transformation d’un petit homme à l’air misérable en suprême régnant, est tout à fait remarquable) bâtissent un cadre spectaculaire dans la tradition du grand film historique.

Même si on n’y trouve pas les scènes de masse typiques du genre, au moins on ne cède pas à la tentation des foules numériques et des décors digitaux, qui représente, dans le cinéma spectaculaire contemporain, un substitut très moyen.

Dans ce morceau d’histoire russe à l’ampleur universel, le rapport ambigu entre pouvoir politique et religieux trouve une digne mise en scène.

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