Un plein pour Mad Max au pavillon australien

MADDESTMAXIMVS, Shaun Gladwell, Australian pavilion, La Biennale de Venise 2009

Interceptor surf sequence

Interceptor surf sequence, oeuvre de Shaun Gladwell

Au principe je ne pouvais pas y croire. Mais en faite oui, l’art contemporaine australienne peut bien s’inspirer de Mad Max. En tant que cinéphile, et grand estimateur de la trilogie de George Miller, je n’ai pu que adorer.

Avec un jeu de références tout à fait postmoderne, Mad Max est rebaptisé Maddes Maximus (le plus fou, le plus grand), et devient source d’inspiration pour l’artiste Shaun Gladwell. Fidèle à son propre thème habituel de l’homme engagé dans péripéties acrobatiques filmés au ralenti, l’artiste trouve dans l’aventurier Mad Max un alter ego iconique assez puissant.

D’un coup le pavillon australien expose la quintessence du rapport entre l’homme et l’environnement australien. Shaun Gladweel travaille avec les clichés des routes poussiéreuses qui traversent le désert, et profite bien de l’iconographie du guerrier futuriste Mad Max.

Dans une double vidéo (Interceptor surf sequence) on voit de face et du derrière une espèce de gladiateur en cuir et au casque intégrale noir qui sort d’une voiture en course et monte sur le toit du véhicule. Le ralenti rend les gestes très épiques et en même temps marque bien la distance avec le montage frénétique des poursuites à la Mad Max. Le performer au casque noir est comme immobile sur le toit de la voiture en course. Le paysage défile et un équilibre est enfin établi entre l’environnement et l’aventurier.

Caisse d'occasion, modèle Interceptor, plaque australienne

Caisse d'occasion, modèle Interceptor, plaque australienne

La voiture utilisée dans la séquence de « surf » est une réplique du modèle « interceptor » conduit par Mel Gibson dans le film de George Miller. Elle est garée devant le pavillon comme complément de l’expo.

Dans Apology for a roadkill on voit le même personnage en cuir et casque s’arrêter avec sa moto à la marge d’une autoroute. Il rejoint la carcasse d’un kangourou (encore un cliché australien manipulé par l’artiste). On imagine qu’il aille été écrasé par un des nombreux camions qui traversent l’Australie sauvage, comme on en voit plusieurs dans la même vidéo. La figure noire semble prendre dans ses bras le corps du Christ, plutôt qu’un malheureux kangourou.  Encore une fois, une conjonction entre l’homme et l’environnement semble s’établir.

La moto du pieux aventurier devient une sculpture incrustée sur le mur extérieur du pavillon, comme si le personnage avait arrêté tragiquement sa course à la Biennale de Venise.

Le jeu avec les clichés est miraculeusement réussi, ce qui n’est pas évident, et l’iconographie à la Mad Max, très postmoderne, nous plonge dans une aventure esthétique très bluffant.

Apology for a roadkill : La carcasse d’un kangourou ou le corps du Christ ?

Apology for a roadkill : La carcasse d’un kangourou ou le corps du Christ ?

Apology for a roadkill, oeuvre de Shaun Gladwell

Apology for a roadkill, oeuvre de Shaun Gladwell

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