8bit trip – Rymdreglage (Tomas Redigh, Daniel Larsson)
Le brickfilm, c’est à dire une vidéo réalisé avec les briques de Lego, est désormais un genre affirmé sur youtube.
Le duo suédois de musique électronique / téchno Rymdreglage vient de sortir un clip pour leur morceau 8bit trip qui donne un nouveau souffle au genre, grâce à des mouvements de caméra très souples, des effets en stop motion très créatifs et un hommage à l’univers des vieux jeux vidéo pour les consoles 8bit. Les deux musiciens du groupe sont crédités comme auteurs, Tomas Redigh pour l’animation et Daniel Larsson pour la musique.
Sur leurpage youtubeils déclarent 1500 heures de patients et minutieux déplacements de briques Lego, et sur lahome de leur site ils s’étonnent du succès extraordinaire du clip, qui a fait sauter la bande passante du serveur.
A la base il y a une bonne idée : faire une reprise en vrai de la célèbre scène de When Harry Met Sally, dans laquelle Meg Ryan simule un orgasme dans un café. Et pour la promotion du service Virgin TV à haute débit (50 MEGabytes), il y a 50 MEG Ryan qui faussent l’orgasme (note : le jeu de mot à deux balles “50méga/50Meg”est dans le panneau final de la vidéo).
L’opération est dans le même esprit des “flash mobs”, dont l’intérêt est d’orchestrer les actions d’un groupe de performeurs dans un lieu public, pour capter également les réactions spontanées des gens qui ne sont pas au courant de la performance.
Le problème, à mon avis, est que la dimension publique du lieu et les réactions des gens ne sont pas assez présents. Les cameras n’auraient pas du se concentrer comme ça sur des fausses Meg Ryan à la perruque blonde. J’aurais trouvé génial de voir la surprise des gens en train de prendre leur petit déj quand commencent à entendre des gémissements de plus en plus sauvages, mais là je n’ai vu qu’une pâle reprise de la scène multipliée par 50, et je me demande si tout le café n’est qu’un plateau de télé, comme il y a plus de comédiens que de vrais gens.
Une fausse Meg Ryan en train de fausser un orgasme
Il était PAS professionel, maitenant il est employé du mois
Vous êtes pas professionels. Pas romantiques. Pas sociables. En bref, pas cool. Le vrai problème ? Vous n’êtes pas cablés (un-boundled), c’est à dire vous ne profitez pas d’un service haut débit de TV, internet et téléphone.
Une série de pub télé pour Charter Communications vous propose d’enlever tous les “pas” de votre vie.
Très bien jouées, très bien écrites, ces pubs présentent un message clair est fort, mais surtout ne renoncent pas à l’ironie quand il s’agit de montrer la vie sans “pas” : l’employé pas pro devient un ridicule employé du mois, le lover pas romantique devient le cliché du latin lover, le mec pas-sociable devient le roi d’une toef débile.
Le chanteur folkDave Carroll était assis tranquillement à sa place sur un avion de United Airlines quand son voisin attira son attention : “Oh mon Dieu, ils balancent des guitares là-bas” (“My God They’re Throwing Guitars Out There”). C’était pas moins que des employés de United qui étaient en train d’emmener les bagages dans la soute, dont justement la guitare Taylor de Dave.
Epuisé par l’indifference de la compagnie par rapport à son problème, il menaça d’écrire trois chansons sur l’épisode s’ils ne payaient pas les frais de réparation de la guitare. Et comme ils ont pas payé, et comme Dave a une seule parole, il a diffusé sa prémiere chanson United Breaks Guitars (United casse les gutares).
Le clip a cartonné sur youtube (5 millions de visites) et d’un coup United essaye de dedommager le chanteur, mais l’orgueil est blessé : “Thanks but no thanks” dit Dave, là c’est trop tard. La deuxième chanson vient de sortir et la popularité du chanteur due à cette vengance musicale-digitale lui a permis d’enregistrer son premier album Perfect Blue, en vente sur Itunes.
On attend avec impatience le troisième morceau.
Dave Carroll -United Breaks Guitars
Dave Carroll -United Breaks Guitars Song 2
Dave Carroll – STATEMENT : “Thanks, but bu thanks”
Pas facile pour une pub qui exploite le corps féminin d’avoir des applaudissements chez Nietland. Néanmoins les reprises en bikini de Pulp Fiction, Star Wars et The Big Lebowsky représentent une opération trop décalée et surréaliste pour y passer à coté.
La campagne virale pour 1690 Swimwear (maillot de bain très sexy) met en scène une annulation du cinéma, un court-circuit du principe narratif, une exaltation nihiliste de la surface insignifiant.
Âme nerd, touche geek, minimalisme chic, esprit amateur; comme quoi, ça suffit un drap blanc pour décor, un bout de texte, et une mannequin en bikini pour faire une bonne pub.
J’ai toujours trouvé un peu con de faire du vélo sans bouger. Et si le vélo d’appartement ou de la salle de gym vous transportait magiquement dans la ville pour une vrai balade ?
C’est un peu l’idée de Rethinkqui a imaginé une performance de rue pour le centre de coaching Funktion Personal Training de Vancouver. Le message : “Escape your boring gym” [fuyez le gym ennuyant].
L’idée est géniale, dommage que le potentiel viral de la vidéo n’est pas pleinement exploité (la musique est nulle, le film pas terrible).
Pour la promotion virale du jeu vidéo ultraviolent Wet, rien n’est mieux qu’une chanson d’amour, si elle est interprétée par les victimes d’un massacre sanglant. Dans des décors dignes de Saw, une mystérieuse femme meurtrière à la Kill Bill, un texte très riche en doubles sens, une improbable déclaration d’amour en style comédie musicale postmoderne. (Ma transcription et traduction après la vidéo. N’hésitez pas à m’indiquer des erreurs ou améliorations).
Here we go / Voilà
I didn’t see that coming /je l’ai pas vu arriver
who… who was she ? / Qui était cette femme ?
As she entered the room / Quand elle est entré dans la chambre
I received such a trill / j’ai eu un coup de frissons
I can tell right away / Là je peux dire
That her look could kill / qu’ella a des yeux qui tuent
Waching her my pulse quickened / Je la regarde et mon coeur bat plus fort
That i can’t deny / je ne peux pas nier
I fall in for her / que je suis perdu pour elle
and for her i will love till i die / et que je l’aimerai à mourir
I just took a shot at love / J’ai pris un coup au coeur
Now i know broken hearts aren’t cliché / maintenant je sais que les coeurs brisés ne sont pas clichés
One very good shot at love / Un vrai coup au coeur
My true love just glue me away / L’amour le vrai me tue
Now i’m telling my story / Je vais tout raconter
With my guts on the floor / du fond du coeur (les intestins au sol)
I’d follow her anywhere / Je la suivrais n’importe où
If i could just reach the door / si seulement j’arrivais à rejoindre la porte
My tongue has gone missing / j’ai perdu la langue
And i’m too weak to stand / et je suis trop faible pour me lever
She’s an angel from heaven / elle est un ange du paradis
An angel with a gun in her hand / un ange avec un pistolet
I just took a shot at love / J’ai pris un coup au coeur
A pump action blast to my heart / une explosion d’amour dans mon coeur
One just fatal shot at love / Un coup mortel au coeur
This wonderful feeling / cette sensation merveilleuse
So right from the start / si claire dès le début
Now i’ll never forget / je n’oublierai jamais
All the fun that we had / comment on s’est amusés
The laught that we shared / les rigolades ensemble
The good times the bad / les beaux temps et les mauvais
Every minute without her hurts / chaque minute sans elle me fait mal
Just cuts like a knife / comme une blessure de couteau
I promise to love her / Je promet de l’aimer
For the rest of my life / toute ma vie
Auteur culte américain à l’ambition démesuré, exposant extrême du postmodernisme en littérature, érudite, perfectionniste, Thomas Pynchon cache sa personne et sa vie aux média depuis toujours.
Fidèle à son style, la seul fois en 40 ans de carrière qu’il s’est manifesté publiquement a été dans 2 épisodes des Simpsons, pour jouer son propre rôle (le visage caché par un sachet), prêtant sa voix à son alter ego animé.
Le trailer mis en place pour la promotion de son nouveau roman Inherent Vice n’aurait rien d’exceptionnel, sauf qu’un expert de voix, grâce à l’écoute comparatif du trailer et des épisodes des Simpsons, a découvert que c’est Pynchon qu’y joue le narrateur ! Penguin, l’editeur du roman, a enfin confirmé.
Le vice de Pynchon de jouer à cache cache avec les média a crée un “effet rareté” par rapport à sa personne, et le fait qu’il se met en avant, avec sa voix, pour la promotion de Inherent Vice devient une trouvaille extraordinaire pour allumer l’enthousiasme des fans. Pour ma part, il n’y a aucun doute, j’achèterai le bouquin.
D’une coté l’armé britannique utilise l’univers du jeu pour “vendre” la guerre. De l’autre coté Mattel utilise l’univers de la guerre pour vendre des jouets.
Deux opérations spéculaires avec comme dénominateur commun la totale insensibilité des publicitaires.
L’armée britannique recrute : comment convaincre les jeunes à joindre l’armée ? Solution : une vidéo sur youtube qui imite le style des jeu vidéo.
Mattel Asia vends des jets, tanks et hélicoptères jouets. Ogilvy & Mather Singapore mettent en avant le réalisme des répliques dans une série d’affiches où les enfants sont plongés dans une guerre tout à fait réelle.
Start Thinking Soldier (commencez à penser comme un soldat)
L'enfant n'a pas l'air de s'amuser avec son avion jouet Mattel
Pas très drôle la balade sur le tank jouet Mattel
Mais les publicitaires peuvent travailler aussi bien pour le Diable que pour Dieu, voilà donc une troisième opération mise en place pour une campagne contre les enfants soldat. Une vidéo très deuxième degré et très marrante encourage les gens à aider les enfants soldats :
une mère offre un fusil,
des gens donnent des couteaux,
des grandmères cousent des vêtements mimétiques taille enfant,
une maitresse fait préparer à sa classe des “targets” pour que les enfants soldat puissent faire pratique de tir.
Le blogguer de copenhagenize.com a réalisé sa propre campagne pro-vélo : simple et efficace, son idée est d’ajouter une mention sur les publicités pour les bagnoles, à la façon des paquets de cigarettes. Son rêve serait d’imprimer la mention sur la tôle du véhicule, ce qui serait encore plus efficace. Pour l’instant on peut se contenter de cette série d’affiches, et apprécier comment la mention s’insère sur le visuel original et perturbe la communication avec un effet très dadaïste : le visuel sombre et aventureux de AUDI, accompagné de l’accroche qui met en avant la puissance de l’accélération de la voiture, devient d’un coup, grâce à la mention “driving kills“, une image de course vers la mort.
AUDI : Driving kills
Elle peut vous aider à arrêter de conduire
Encore mieux imprimer la mention sur la tôle de la bagnole
Vous vous croyez un "winner" mais votre "street cred"(charme urbain) est à la baisse