Un film sur les créateurs de The Pirate Bay, le site plus connu du téléchargement illégal. 3 jeunes suédois fous d’internet, écolos, courageux, contre les majors Hollywood. Un procès (condamné à la prison + 3.6 millions de dollars à payer), un appel (il commence bientôt). D’une coté l’aventure et le crime sur l’internet, dehors la vie réelle avec les lois du copyright. Simple. Les accros d’informatique de The Pirate Bay (TPB) AFK (away from keyboard, l’acronyme des hackers qui sont éloignes de leurs claviers). Pas mal comme sujet d’un film. Fallait juste y penser. Le réalisateur Simon Klose (Suède) a tourné 300 heures de rushes sur les trois corsaires et a fait appel aux internautes pour trouver l’argent nécessaire à monter son documentaire. Au bout de quelque jours il a reçu et même dépassé son objectif. Le film sera terminé est diffusé après la fin du procès d’appel aux trois pirates du copyright. Bientôt le film de David Fincher sur le créateur de Facebook qui semble la parodie de soi même.
Estetique vhs, esprit barré. La nouvelle prouesse audiovisuelle d’Harmony Korine s’annonce exaltante. Sur le site officiel vous pouvez déjà commander la prestigieuse version en VHS.
Imaginons un monde parallèle où la mensonge n’existe pas. Imaginons donc comment serait la publicité dans ce monde. Voilà celle pour Coca Cola :
“Rien de nouveaux à dire sur ce produit… on a un peut changé la cannette… c’est pleine de sucre et comme toutes les boisson très sucrées elle contribue à l’obésité… c’est une boisson très populaire, tout le monde la connait… Mon nom est Bob, je travaille pour Coca Cola, je vous demande juste de ne pas arrêter de la boire”.
La publicité de Coca Cola sans mentir
C’est un extrait du film américain “The Invention of Lying” (l’inventeur de la mensonge), de Ricky Gervais et Matthew Robinson, qui fait d’un point de départ classique de la science fiction (un monde parallèle) l’occasion pour une réflexion sur la place de la mensonge dans notre société, le tout avec un registre de comédie. Sorti aux Etats Unis en 2009 et qui normalement devrait être déjà sorti en France en 2010… (ou pas ? On n’a pas trop entendu parler de ce film), il a l’air très intéressant et en tout cas il se base sur un très bon concept.
C’est probablement à cause de l’image clé du licorne en Blade Runner, que cet animal mythique et Ridley Scott (réalisatuer du film culte) ont été choisis comme ingrédients de l’opération communautaire de Philips. Pour la promotion de son téléviseur en format authentiquement panoramique (21:9) Philips mise sur des expériences cinématiques de qualité : après une vidéo excellente dont on a déjà parlé ici, maintenant c’est l’opération “Parallel Lines” : il s’agit en gros d’un concours de court-métrages avec le contraint de quelque ligne de script à respecter. Un script assez mystérieux et effectivement stimulant qui tourne autour d’un licorne est donc à disposition des internautes et des cinéastes de toute la planète.
5 réalisatuers ont été missionné par Philips pour demarrer l’opé, montrer la richesse du sujet et les possibilités créatives. Effectivement les 5 courts sont assez intéressants, en particulier “Darkroom” (de Johnny Hardstaff) que je trouve vraiment extraordinaire, avec un hommage malin à Blade Runner comme plus. Bien fait aussi “The Gift” (de Carl Eric Rinsch), un film d’anticipation à Moscou avec un univers très riche et soigné.
On va voir qu’est-ce que les internautes publieront dans le cadre du concours.
Philips Cinema – Parallel Lines – DarkRoom, by Johnny Hardstaff
Philips Cinema – Parallel Lines – The Gift, by Carl Erik Rinsch
On a déjà parlé du court-métrage que Spike Jones a réalisé pour la vodka Absolut, en profitant d’un exceptionnel deal “carte blanche” (cliquer ici pour lire mon billet précèdent). Après un énorme succès dans le réseau des festivals qui a retardé la date de mise en ligne prévue, le film est finalement disponible online pour une vision gratuite.
C’est un court plutôt long, donc installez-vous tranquillement et prenez votre temps pour profiter pleinement de la séance. Très poétique, touchant, low-fi, du bon Spike Jones quoi.
Spike Jones, maitre du clip musical et réalisateur de films assez barrés tels que Dans la Peau de John Malkovich et Where the Wild Things Are, s’est donné pour la vodka Absolut : il a eu carte blanche et a réalisé un film de 30 minutes qui raconte l’histoire d’amour entre deux robots à Los Angeles. Spike Jones se montre plein de gratitude pour le marketing de Absolut pour la liberté qu’il a eu pour travailler et sortir le mieux de sa créativité. Absolut n’a eu qu’a rajouter un accroche pour transformer le film en formidable outil de promotion : “a love story in an Absolut world”. La première de “I’m Here” (c’est le titre du film) sera au festival de Sundance; en suite il passera au festival de Berlin. Etc etc, pour le plaisir de la marque. Et pour le notre, aussi.
The Box, avec son joli bouton rouge, idéale comme cadeau de Noêl
Richard Kelly présente The Box, cinéma UGC Les Halles, Paris
Richard Kelly, réalisateur de Donnie Darko, vient de présenter son troisième film au cinéma UGC Les Halles, à Paris. Pas plus qu’une petite salutation obligée : un peu émotionné, le jeune réalisateur (classe 1975), mentionne la nouvelle “Button, button” de Richard Matheson, point de départ pour un film qui, dans ses mot, deviens “son film le plus personnel” et dans lequel il déclare d’avoir investi son propre argent.
Richard Matheson, auteur de science fiction assez connu pour son roman “I am legend”, adapté trois fois au cinéma (Last man on earth, Omega Man, I am legend), a collaboré aux scripts d’un certain nombre d’épisodes de “La Quatrième Dimension”. Dans le cadre de la reprise de la célèbre série dans les années 80, la nouvelle “Button, button” avait en fait déjà été mise en scène. Une des caractéristiques des épisodes de la série était de terminer avec une étonnante révélation; très souvent, il s’agissait d’une fin “ouverte”, qui préfère poser une nouvelle question, plutôt que nous offrir toutes les réponses. C’était au spectateur d’imaginer, s’il en avait envie, la suite.
Dans le film “The Box”, Richard Kelly semble relever le défi et essayer de continuer l’histoire de la boite mystérieuse. L’exercice est intéressant, les nouveau thèmes qu’il introduit dans les scénario sont pleins d’implications, c’est de la science fiction philosophique, celle qui parle de la nature humaine, du libre arbitre, du sens de la vie, mais le défi était probablement perdant dès le départ, comme la nouvelle de Matheson et l’épisode de “La Quatrième Dimension” trouvaient leur force dans la structure parfaitement cyclique et dans le final “ouvert”.
Méfiez vous de la bande d’annonce “à l’américaine” (ne la regardez pas), qui nous donne la mauvaise impression d’un mauvais film d’action : The Box est un film posé, réfléchi, cultivé, appartenant au genre de la science fiction minimaliste comme Pi, Memento et Donnie Darko. Même s’il n’arrive pas à ces niveaux, il a quand même le même gout, et c’est un gout précieux et quand même assez rare.
Le trois spots pour la promotion du Vancouver International Film Festival parodient les clichés des types de films d’auteur et indépendants qui passent dans les festivals. Ceux qui ont l’habitude de fréquenter les festivals, comme moi, ne manqueront pas d’apprécier le clin d’œil; les autres trouveront tous leurs préjugés confirmés : sexualités anodines, fétichisme gratuit, symbolismes indéchiffrables, et bien sûr sous-titrages malfaits des films asiatiques.
“An open mind is advised” [Les esprits libres sont avertis]
La galerie Anatome (Paris onzième arrondissement), dédiée aux arts graphiques, a fêté samedi dernier les dix ans d’activité. Dans le cadre de l’événement j’ai eu l’occasion de voir le court-métrage d’animation Logorama (déjà présenté à la Semaine de la Critique au festival du cinéma de Cannes), réalisé par le collectif H5.
On sait, les logos polluent notre monde, mais on les aimes. On a tellement des logos qu’H5 a pu bâtir et remplir une ville, voir un monde entier : Logorama est le monde des logos, où tout est logo. Par exemple une balade au zoo c’est l’occasion pour rencontrer le célèbre lion de MGM et les crocodiles de Lacoste. Le très musclé Mr Propre manifeste sa vrai attitude gay, le clown Ronald McDonald révèle son âme criminelle et l’homme Michelin est le véritable héros qui doit l’arrêter. A peu près deux mille logos sont visibles dans ce jolie court-métrages, dans lequel le design très poussé n’empêche pas le déroulement d’une histoire riche d’action et le développement de la psychologie des personnages.
La galerie Anatome a posé trois questions aux 31 graphistes exposés :
“Dans la société dans laquelle vous vivez, quel est l’état du graphisme ?”
“Quel doit être le rôle du graphisme ?”
“Comment transmettre le graphisme ?”
J’ai bien aimé les réponses de Raùl, un graphiste espagnol :
“Dans la société dans laquelle, quel est l’état du graphisme ?”
“La nouveauté est en vente et le talent est à louer”
Bontrust Finance, agence de conseils financières allemandes, investi dans une pub virale assez osée, surtout pour le secteur financier.
L’agence alllemande GRABARZ + PARTNER, avec le studio Optix Digital Pictures, imaginent un monde de rêve tout fait avec des origamis (numériques) de billets de banque.
L’environnement est idéale pour la romance entre le billet de 5 dollars (le bon vieux Abe Lincoln) et une jeune Reine Elisabette II. Les clichés de la rencontre amoureuse, comme le pique-nique dans le parc et les montagnes russes, laissent soudainement la place à une aventure érotique très explicite. Plusieures position du kamasutra sont explorées, avec une passion sauvage assez surprenante pour deux billets de banque, même si on sait bien que “sex and money” c’est un binôme très complice.
Morale : le fruit de la passion sont quatre petits billets, symbole d’un capital augmenté grâce à la fornication de l’argent. Donc si nous voulons nous enrichir il faut laisser notre argent aux banquiers de Bontrust Finance, et qu’il soit une banque ou un bordel peut importe. Ce qui compte est la procréation monétaire. A la fin de la vidéo, le regard de la jeune mère rencontre celui d’un fier Mao… pourquoi pas une nouvelle aventure chinoise ?
L’euphorie capitaliste de cette vidéo s’accompagne bien au ton des banquiers et des consultants interviewés dans le docu Let’s make money (de Erwin Wagenhofer, réalisateur de We feed the world). Ces effrayantes personnages, souvent installés en Asie ou dans des paradis fiscaux, n’ont pas honte de déclarer qu’il faut “faire travailler l’argent” à tout prix, et que les investisseurs ne sont pas responsables moralement de ce qu’ils feront avec l’argent qui leur est confié. Le seul objectif pour tous est la maximisation des profits. Si les investisseurs ne sont pas responsables, les banquiers ne sont pas responsables (c’est leur devoir d’augmenter le capital de l’investisseur), qui est responsable alors ?