Ilovedust, un collectif de designers polyfunctionnels basé en angleterre (Londres + la côte sud), a travaillé avec AKQA, une agence de San Francisco, pour développer une superbe animation pour Nike “Sister One”. Ils ont pris l’occasion pour expérimenter quelques idées qu’ils avaient dans la tête, et très satisfait du résultat ils ont continué à retravailler la vidéo au dehors du brief, jusqu’à arriver à une version “portfolio” de 1 minute 20 secondes (or que le spot pour Nike s’arretais à 40 secondes).
Ce qu’on aime c’est le style retrofuturiste et les couleurs fluo.
On sait que l’adolescence est une période de grandes transformations, mais ce qui arrive au jeune protagoniste de ce court-métrage est assez étonnant : il se réveille, un jour, avec un sexe de jeune fille.
Cette métamorphose, troublante, certes, mais qui n’a rien de kafkaïen sauf l’absence de toute explication logique, n’a rien de monstrueux non plus, et elle est traité au long de l’histoire comme n’importe quel problème d’adolescent, avec un regard qui nous fait penser aux films de Gus Van Sant.
Le quotidien de ce garçon-fille nous est présenté avec une tendre candeur, entre la peur d’être grillé pas les copains du foot, et l’envie de se manifester, de faire outing en famille, avec la sœur, ou en classe, devant tout le monde (mais ça ne reste qu’un rêve).
C’est seulement à fin de l’histoire (quatrième épisode : Le River Rouge) qu’on arrive à parler de la problématique de la marque : c’est Tampax qui produit le film, et veux montrer que l’arrivée des règles, au debout troublante comme sa transformation, n’a rien d’exceptionnel, et que la vie continue, enfin, grâce à Tampax.
Le court-métrage, qui est en réalité une minisérie en quatre épisodes, est assez touchant, surtout pour son ambiance de normalité (dont la marque veut profiter), mais le potentiel viral est fortement limité à cause de la durée (le format de 12 minutes n’est pas adapté pour le type de fruition des utilisateurs youtube, et les épisodes de 3 minutes ne sont pas assez puissants individuellement). Enfin, l’appeal de la thématique est plus importante chez un publique transgender que chez les jeunes filles qui représentent la vrai cible de Tampax.
Ça reste une belle opération mise en place par l’agence Leo Burnett, et si ça aide la cause transgender, tant mieux.
Zack Johnson, Day 3: Men Are Pigs, deuxième épisode
Zack Johnson, Day 7: Uh Oh, troisième épisode
Zack Johnson, Day 7: Day 9: Le River Rouge, quatrième épisode
Le post-it a un statut d’objet-culte indiscutible. Il y a pas longtemps, les deux fous qui nous ont amusé avec leurs expériences spectaculaires avec les Menthosont utilisé le post-it pour mettre en scène une incroyable chorégraphie, où des tonnes de billets colorés animent l’ambiance d’un autrement ennuyant bureau.
En temps plus récents un étudiant du prestigieux Savannah College of Art and Design (le même institut qui a développé le jeu de zombies en réalité augmenté pour Skitties) s’est fait noter pour un vertueux travail d’animation en stop motion qui utilise des post-it comme s’ils étaient des pixels.
Mais ce dont j’ai vraiment envie de parler aujourd’hui est plus-tôt un court-métrage réalisé en 2008, qui à la place de se faire remarquer pour ses exploits techniques, laisse émerger sa tendre poésie. C’est une histoire d’amour muet, qui s’exprime avec un usage créatif des petites feuilles autocollantes. Si vous ne l’avez pas encore vu, profitez de cette vague post-it-ière pour le découvrir.