Si vous cherchez le Ken Loach politiquement agressif, révolutionnaire, analyste et critique de la société, vous ne le trouverez pas dans ce film. Mais si vous cherchez un réalisateur qui sait bien faire travailler son expérience pour donner au récit un rythme impeccable, diriger des acteurs aux visages et aux manières si réalistes qu’ils semblent sortis du « pub » au coin, alors ce dernier Ken Loach va vous plaire.
Comme Humphrey Bogart revient sur terre pour apprendre à Woody Allen les bases de la psychologie féminine (« Play it again Sam », 1972), le footballer culte Eric Cantona coache un postier en dépression pour lui donner confiance et lui permettre de résoudre ses problèmes avec l’ex-femme et ses enfants…
Le personnage de Cantona abuse de proverbes (une blague un peu facile qui se répète un peu trop souvent) mais ne manque pas d’une touche d’ironie qui, ce qui est quand même assez appréciable.
Le meilleur conseil qu’il donne au postier est de faire confiance à ses amis, une bande de prolos abrutis mais très drôles, fidèles à la religion du football et assidues du “pub” qui est leur église.
La seule nouveauté du film, par rapport à la généreuse carrière de Ken Loach, est son abdication par rapport à ses propos les plus didascaliques et son engagement le plus sévère, mais qui en même temps perds le mordant et la raison d’être.
De Ken Loach il ne reste que son humour et son ironie, pour un film drôle, rythmé, émouvant, encrée dans le présent (pas mal la mention à « youtube »), et qui reste donc sur le ton du pur entertainment, mais le football ne peut par remplacer la politique : un film si léger qu’on va l’oublier rapidement. Play it again Ken !


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