La très jeune réalisatrice russe Valeria Gaï Guermanika (classe 1984), signe un film plein de vie et d’énergie, marqué par un regard très honnête, qui n’a pas peur de taire les détails les plus triviaux de l’adolescence dans le contexte décadent et désespéré de la Russie contemporaine. La force de l’ouvre lui permet de gagner la Caméra d’or à Cannes et enfin une distribution dans les salles française.
Si le sujet vous semble tout à fait inintéressant (l’amitié entre trois filles de 14 ans et l’organisation de la fête du lycée… ce qui m’a empêché d’aller voir le film à Cannes…), dans le genre des comédies sur les ados américains au collège, c’est bien pour la vigueur de la réalisation, pour les jeunes acteurs (qui jouent souvent des scène très dures qu’ils ont vraiment vécu), pour la fraicheur des dialogues, qu’il faut pas rater l’occasion de voir ce grand petit film au cinéma.
A l’occasion de la présentation du film à Paris pendent le festival Regards de Russie,qui a montré plusieurs portraits désespérés des jeunes en Russie, le publique a été choqué par la violence qui semble appartenir au quotidien des ados, soit à l’école, soit à la maison. La réalisatrice a défendu son point, en disant que la violence est partout, même en France, et qu’elle est une partie de la vie: son film n’a pas du tout le but de faire n’importe quelle morale, il s’agit juste d’une sorte de témoignage, souvent inspiré de ce qu’elle a vécu à l’école et qu’elle ne regrette pas.
Et en fait ce qui est vraiment bien dans le film est justement ce type d’attitude, très fraiche, honnête: un film plein de violence, d’abus, nihilisme, qui en même temps est un hymne à la vie, à la jeunesse, à la naïveté.
